Marcel·la Barceló

Starry Sea-urchin Night

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Année 2025

Medium Impression pigmentaire et sérigraphie sur papier Fine Art rehaussée à la main

Dimensions approx. 70x50 cm.

Edition 50 + 5AP + 3HC

Tirée d’une série récente de Marcel·la Barceló sur la confusion des éléments et les hallucinations hypnagogiques, cette nouvelle édition Starry Sea-urchin Night fait une analogie entre la bioluminescence abyssale et les phosphènes, visions oniriques nocturnes. Grace à l’utilisation d’un pigment sérigraphique phosphorescent, les oursins se transforment en ciel étoilé dans l’obscurité. Chaque exemplaire a été rehaussé à la main par l’artiste, avec l’utilisation d’une aquarelle iridescente et de vernis à ongles pailleté, deux matériaux caractéristiques de son travail. 
 
«  je me souviens d’une nuit en pleine mer, où le plancton marin a commencé à scintiller. C’était une nuit sans lune et les étoiles se voyaient jusqu’à l’horizon. J’avais l’impression d’être au centre d’une sphère de poussières bioluminescentes, de lucioles ou autres vies inconnues lumineuses ; la mer brillante  se confondant avec la Voie lactée. Il n’y avait plus de haut ni de bas, plus de sens d’une quelconque gravité. Tout se mélangeait ; les oursins seraient des astres, les nuages de l’écume. »
 
Marcel·la Barceló
 
 
Starry sea-urchin Night représente à la fois un fond marin tapissé d’oursins, un ciel étoilé ou le monde du rêve. 
Cette triple analogie se retrouve dans la rêverie de Gilliat, le héros des Travailleurs de la mer de Victor Hugo
 
« il concluait que, puisque des transparences vivantes habitaient l’eau, d’autres transparences, également vivantes, pouvaient bien habiter l’air (…)  Le rêve est l’aquarium de la nuit. »
 
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Marcel·la Barceló (née en 1992 à Palma de Majorque) est une peintre catalane. Son imaginaire, façonné par une appartenance géographique multiple — entre les îles Baléares, Paris et le Japon — reflète une sensibilité influencée par ces territoires. Sa relation au vivant, notamment à la mer et aux montagnes de son enfance insulaire à Majorque, imprègne profondément son approche artistique.

Marcel·la entretient un rapport instinctif à la peinture et au dessin, sans esquisse préparatoire. Sa pratique circule librement entre les médiums — huile, acrylique, crayon, vernis à paillettes, pigments naturels — au service d’un univers sensoriel ample et vibrant. Ses compositions plongent le regard du spectateur dans des paysages instables, ondoyants, où les éléments semblent en constante transmutation. L’eau, omniprésente, n’est pas qu’un simple motif : elle structure l’espace mental du tableau, devenant matière de métamorphose. Forêts aquatiques, îles submergées ou récifs oniriques donnent au regardeur l’impression de flotter dans un espace en liquéfaction.

À cette nature mouvante, traversée d’un flux de forces invisibles, répond une pratique picturale organique, qui capte moins une image qu’un état. Parmi les figures récurrentes de ce monde flottant, celles des jeunes filles — rappelant les personnages de Henry Darger ou de Marie Laurencin — occupent une place centrale. Les silhouettes androgynes et diaphanes qui peuplent les toiles de Marcel·la Barceló semblent en suspens, dans un entre-deux. Elles sont à la fois présentes et évanescentes. Anti-héroïnes d’un imaginaire sans récit linéaire, elles sont aussi porteuses d’une identité en formation, encore liquide. Inspirées des figures spectrales du folklore japonais — yūrei (¹), ikiryō (²)—, ces êtres fantomatiques n’excluent pas une forme de puissance : ce sont des passeurs, témoins d’un réel altéré, qui regardent leur environnement dans un mélange d’émerveillement et d’anxiété.
L’œuvre de Marcel·la Barceló traverse des mythes et des légendes sous le prisme de l’intime. Elle donne à voir une cosmogonie réenchantée, habitée par des forces souterraines, où se mêlent mutations et présences mystérieuses. On y retrouve les signes d’une nature toute-puissante, sorcière, archaïque, qui échappe au regard rationnel et révèle un subtil équilibre du vivant.

Plus qu’une narration, ses peintures incarnent des rituels, des mind-scapes où affleure une mémoire ancienne et profondément enfouie, invoquant la poésie de Wallace Stevens ou de Barbara Grenfell Fairhead, la philosophie de Gaston Bachelard ou encore Les Métamorphoses d’Ovide. Marcel·la puise ses références dans une constellation hétérogène: les couchers de lune et de soleil de Vallotton, l’expressionnisme de Munch résonnent avec le pays des merveilles de Lewis Carroll.

Ces influences, assimilées et réinventées, fécondent un monde pictural où fragilité et tempêtes cohabitent, se transformant en ces surfaces irisées.(³)

(¹) esprit du folklore japonais, âme d’un défunt incapable de trouver le repos.
(²) esprit errant d’une personne vivante, issu de croyances japonaises, détaché sous l’effet d’émotions intenses.
(³) « C’est en se tenant assez longtemps à la surface irisée que nous comprendrons le prix de la profondeur. », L’Eau et les Rêves, Gaston Bachelard, éd. José Corti, 1942, p. 16

Artistes Marcel·la Barceló

Nom de l'œuvre Starry Sea-urchin Night

Année 2025

Medium Impression pigmentaire et sérigraphie sur papier Fine Art rehaussée à la main

Edition 50 + 5AP + 3HC

Dimensions approx. 70x50 cm.

Signé Oui

Numéroté Oui

Certificat d’authenticité Non