Marcel·la Barceló
KodamaAnnée 2023
Medium Impression pigmentaire sur papier Fine Art
Dimensions 42 x 32 cm.
Edition 25 + 3 AP
Influencée par ses différents voyages au Japon et notamment par le concept du Mono No Aware, Marcella Barceló convoque dans son œuvre un monde évanescent à travers la représentation d’instants fugaces.
Cette impermanence comme rapport au monde est celle de la pensée Shintô, dont l’artiste est proche. Dans le shintoïsme, à l'inverse de l'héritage occidental, l’homme n'est pas au centre du monde et de la nature, mais fait partie d'un tout harmonieux, sans tentative de hiérarchie ou de domination.
Nous pouvons retrouver cette idée de cosmogonie non anthropocentrée à travers la place des figures humaines dessinées par l'artiste, qui ne semblent pas avoir le contrôle sur leur environnement mais se fondent, se diluent dans le flux des éléments.
À l'occasion de la foire Art-O-Rama, Marcella Barceló en collaboration avec le Château La Coste propose deux types d'éditions : des impressions pigmentaires et des lithographies.
Les trois éditions sous forme d'impression pigmentaire, produites par l'atelier marseillais Tchikebe, ont été conçues à partir d'une série de dessins réalisée lors de son dernier voyage au Japon. Les titres font référence aux Yôkai, des créatures du folklore japonais : Kodama, l’esprit de l’arbre, Betobetosan, le spectre reconnaissable au bruit de ses pas et Zashiki Warashi, l'esprit domestique et bénéfique.
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Marcel·la Barceló (née en 1992 à Palma de Majorque) est une peintre catalane. Son imaginaire, façonné par une appartenance géographique multiple — entre les îles Baléares, Paris et le Japon — reflète une sensibilité influencée par ces territoires. Sa relation au vivant, notamment à la mer et aux montagnes de son enfance insulaire à Majorque, imprègne profondément son approche artistique.
Marcel·la entretient un rapport instinctif à la peinture et au dessin, sans esquisse préparatoire. Sa pratique circule librement entre les médiums — huile, acrylique, crayon, vernis à paillettes, pigments naturels — au service d’un univers sensoriel ample et vibrant. Ses compositions plongent le regard du spectateur dans des paysages instables, ondoyants, où les éléments semblent en constante transmutation. L’eau, omniprésente, n’est pas qu’un simple motif : elle structure l’espace mental du tableau, devenant matière de métamorphose. Forêts aquatiques, îles submergées ou récifs oniriques donnent au regardeur l’impression de flotter dans un espace en liquéfaction.
À cette nature mouvante, traversée d’un flux de forces invisibles, répond une pratique picturale organique, qui capte moins une image qu’un état. Parmi les figures récurrentes de ce monde flottant, celles des jeunes filles — rappelant les personnages de Henry Darger ou de Marie Laurencin — occupent une place centrale. Les silhouettes androgynes et diaphanes qui peuplent les toiles de Marcel·la Barceló semblent en suspens, dans un entre-deux. Elles sont à la fois présentes et évanescentes. Anti-héroïnes d’un imaginaire sans récit linéaire, elles sont aussi porteuses d’une identité en formation, encore liquide. Inspirées des figures spectrales du folklore japonais — yūrei (¹), ikiryō (²)—, ces êtres fantomatiques n’excluent pas une forme de puissance : ce sont des passeurs, témoins d’un réel altéré, qui regardent leur environnement dans un mélange d’émerveillement et d’anxiété.
L’œuvre de Marcel·la Barceló traverse des mythes et des légendes sous le prisme de l’intime. Elle donne à voir une cosmogonie réenchantée, habitée par des forces souterraines, où se mêlent mutations et présences mystérieuses. On y retrouve les signes d’une nature toute-puissante, sorcière, archaïque, qui échappe au regard rationnel et révèle un subtil équilibre du vivant.
Plus qu’une narration, ses peintures incarnent des rituels, des mind-scapes où affleure une mémoire ancienne et profondément enfouie, invoquant la poésie de Wallace Stevens ou de Barbara Grenfell Fairhead, la philosophie de Gaston Bachelard ou encore Les Métamorphoses d’Ovide. Marcel·la puise ses références dans une constellation hétérogène: les couchers de lune et de soleil de Vallotton, l’expressionnisme de Munch résonnent avec le pays des merveilles de Lewis Carroll.
Ces influences, assimilées et réinventées, fécondent un monde pictural où fragilité et tempêtes cohabitent, se transformant en ces surfaces irisées.(³)
(¹) esprit du folklore japonais, âme d’un défunt incapable de trouver le repos.
(²) esprit errant d’une personne vivante, issu de croyances japonaises, détaché sous l’effet d’émotions intenses.
(³) « C’est en se tenant assez longtemps à la surface irisée que nous comprendrons le prix de la profondeur. », L’Eau et les Rêves, Gaston Bachelard, éd. José Corti, 1942, p. 16
Artistes Marcel·la Barceló
Nom de l'œuvre Kodama
Année 2023
Medium Impression pigmentaire sur papier Fine Art
Edition 25 + 3 AP
Dimensions 42 x 32 cm.
Signé Oui
Numéroté Oui
Certificat d’authenticité Non